Le livre l'Oiseau d'Oh Jung-Hi
Culture Livres

Littérature coréenne: L’Oiseau d’Oh Jung-hi

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (5 votes, moyenne: 5,00 sur 5)
loading - Littérature coréenne: L'Oiseau d'Oh Jung-hiLoading...

De par mes études, je suis régulièrement amenée à me plonger dans la littérature coréenne (qu’il s’agisse de recueils de poèmes ou de nouvelles, ou encore de livres) et je ne vais pas m’en plaindre. Cette année, c’est la littérature contemporaine sud-coréenne qui est au programme. Et parmi les ouvrages étudiés figure l’Oiseau, dont voici le résumé disponible sur Babelio :

«Une petite fille raconte. La mère est morte. Le père est au loin, sur des chantiers. Elle s’occupe de son jeune frère, Uil. Une jeune marâtre sortie d’un bordel ne fait qu’un bref passage, vite chassée par la violence conjugale. Les enfants, peu à peu, se retrouvent seuls. Sous les regards compatissants mais aveugles ou impuissants d’un voisinage misérable et d’une société brisée, la fillette, peu à peu, reproduit sur le petit garçon la violence du père sur la figure maternelle. Le monde tendre de l’enfance est inexorablement fissuré, l’humanité pulvérisée laisse apparaître l’abîme côtoyé par l’enfant en chacun de nous.»

Mon avis sur le livre L’Oiseau d’Oh Jung-hi

À travers cet ouvrage, Oh Jung-hi nous offre une prose brève, qui va à l’essentiel, cinglante et neutre à la fois. Le ton très détaché de la narratrice, Umi, pose une distance émotionnelle par rapport au lecteur qui ne permet pas de s’identifier mais montre en revanche la désensibilisation de l’enfant dans une situation où la puérilité n’a plus de place. Car L’Oiseau, c’est l’histoire d’une enfance qui n’est déjà plus là, et d’une maturité qui tarde à faire son apparition. On est forcément touchés par cette fillette qui endosse les rôles de grande sœur, de mère et de maîtresse d’école pour son petit frère et qui essaye de sauver les apparences auprès des adultes qui les entourent, même si personne n’est dupe. On est forcément touchés par la détresse affective et financière de ces enfants.

Ayant moi-même été obligée de grandir plus vite que les enfants de mon âge, de faire preuve d’une maturité qui jurait avec mon apparence juvénile; j’ai eu envie de m’identifier à Umi. Et ce, malgré la barrière que pose cette gamine entre elle-même et nous, le lecteur. Cela étant dit, l’Oiseau fut un chouette bouquin à lire dans le métro pour moi, mais pas de quoi me tenir éveillée jusqu’à cinq heures du matin en me répétant que c’est la dernière page parce que quand même ohlàlà il se fait tard il faut que je dorme. (Can you relate ?)

Je conseille l’Oiseau à qui ? 

Quelqu’un que la distance émotionnelle posée par l’auteure ne dérange pas, donc qui aurait l’habitude de la littérature contemporaine sud-coréenne et par conséquent ne ressentirait pas de frustration à l’issue de cette lecture. Ou tout simplement quelqu’un qui a envie d’entrevoir un bout de Corée dans le contexte de la crise économique du milieu des années 1990s.

Si tu penses correspondre à cette description, tu peux te procurer l’Oiseau à la FNAC ou sur Amazon.

Et toi, est-ce que tu aurais envie de feuilleter l’Oiseau ? De le dévorer ? (Le livre hein, pas l’animal) Dis-moi tout en commentaires !

The following two tabs change content below.
0548fd003d8b0f495750cedb8699e4af?s=80&d=identicon&r=g - Littérature coréenne: L'Oiseau d'Oh Jung-hi
Rédactrice web freelance le jour, blogueuse la nuit. Skincare et makeup nerd, féministe et grande lectrice. Meuf sympa.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *