Lit défait devant une fenêtre ouverte en grand
Blabla Humeurs

La liberté, c’est quoi ?

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Dans une société régie par des conventions tacites et des diktats omniprésents, où la « norme » n’a qu’un seul et même visage, où la moindre dissonance se voit condamnée et moquée, j’ai souvent l’impression d’étouffer. Non ceci n’est pas une pub pour un parfum Lancôme. Je n’ai pas les mêmes aspirations que mes camarades de promo, pas le même rythme de vie que mes amis. Pas les mêmes convictions que ma famille. Ma liberté d’action, de réflexion, c’est la seule chose que j’ai. La seule chose sur laquelle personne n’aura d’influence. Elle se manifeste sous plusieurs formes mais toujours elle a le même objectif: m’aider à tenir, à respirer.

La liberté, pour moi, c’est se dire zut, il fait bon dehors je n’ai pas sommeil j’ai envie de sortir. Sortons. C’est faire le tour du pâté de maison, pousser jusqu’à la station de métro, prendre le premier train qui arrive et finalement passer une bonne partie de la nuit à déambuler dans Paris. Puis s’échouer dans le lit de l’amant le plus proche. C’est la spontanéité.

La liberté, c’est dévorer le dernier carré de chocolat aux éclats de coco. C’est accepter une invitation, un délicieux repas et de tendres caresses puis partir comme une voleuse dès les premiers rayons du soleil. C’est profiter de ce qu’on nous offre et de ce qu’on prend. C’est de ne pas avoir de comptes à rendre à qui que ce soit.

La liberté, c’est pouvoir boire seule si on veut, ou accompagnée. C’est refuser à un homme sa couche, c’est dire non à une offre d’emploi qu’on « ne peut pas refuser ». C’est d’avoir toujours la possibilité de choisir. De ne pas être limitée par des barrières qu’on s’impose à nous-mêmes.

La liberté, c’est poser nue sans maquillage et sans Photoshop. C’est improviser une danse sur le quai du RER avec des compagnons de beuverie en attendant le prochain. C’est faire des choix –discutables ou non- et ne pas penser un instant au regard des autres. C’est connaître ses défauts et les accepter. Les porter en bannière. C’est la confiance en soi.

La liberté, c’est aussi les sacrifices. C’est savoir qu’on aura sans doute jamais une relation monogame et exclusive. C’est avoir peu, très peu de personnes qui nous connaissent vraiment. C’est ne pas se reconnaître dans le discours des jeunes de notre âge. C’est constamment se remettre en question: notre train de vie, nos ambitions, nos motivations. C’est accepter que les autres ne sont que temporaires et en mesurer toutes les conséquences. C’est avoir mal au cœur à trois heures du matin et personne à qui le dire. C’est s’appuyer sur sa volonté et rien d’autre.

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Etudiante en coréen et communication le jour, serial collectionneuse d'enlumineurs la nuit.... Skincare et makeup nerd, féministe et grande lectrice. Meuf sympa.

4 thoughts on “La liberté, c’est quoi ?”

  1. Tes mots me parlent vraiment. Oui, la liberté c’est dire zut et pouvoir sortir se promener. Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’en allant dehors, seule, à un moment où il n’était pas du tout prévu que je sorte. Agir et réfléchir. J’ai aussi particulièrement aimé ta phrase « C’est refuser à un homme sa couche, c’est dire non à une offre d’emploi qu’on « ne peut pas refuser »  » On ne fait pas assez ce rapprochement, je ne sais pas si tu l’as fait exprès ou sans réfléchir mais dans les deux cas c’est chouette !
    Enfin, je suis contente d’avoir découvert ton blog 🙂

    1. Hello!
      Pour être honnête non ce n’était pas un parallèle réfléchi mais maintenant que tu le dis, effectivement ça saute aux yeux haha.
      Merci pour ton commentaire en tout cas, c’est adorable! Et contente que ça te parle 🙂

  2. Merci pour ce texte ! Même si j’ai une vision très différente.
    Personnellement ma liberté vient du fait d’en avoir fait le deuil. J’ai accepté que je n’étais pas libre, au moins pas libre au sens de « je suis seul maître de ce que je pense, dis, fait ». Probable déformation professionnelle en tant que sociologue, mais d’un autre coté c’est assez rassurant. De me dire que même lorsque je me sens seul l’autre est présent, il a aidé à construire qui je suis. J’ai besoin de lui comme il a besoin de moi, et que j’échoue ou réussisse il sera toujours là. C’est aussi anxiogène, car si on ne fait ou pense jamais rien seul, comment en être certain? L’incertitude devient mon quotidien, mais aussi mon moteur, certes être chercheur aide.

    Au plaisir de te relire

    1. Je vois que chacun a sa vision de la liberté, c’est très intéressant…
      Je comprends totalement ton point de vue très philosophique. En effet, on a besoin de l’autre, l’humain est un animal social (on les sent les cours de philo de terminale hein?).
      Et merci pour ton commentaire!

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