Comédienne avec perruque blonde regardant son portable
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« Je suis à vous »: la femme-objet selon le Studio Lambda

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En ce moment, c’est la 8e édition du festival Nikon.

Cékoi le festival Nikon ? C’est un festival annuel ouvert à tous. Tu réalises et montes une vidéo d’une durée de 30 à 140 secondes sur le thème annuel (cette année le thème est « Je suis un cadeau ») et il ne te reste plus qu’à la transmettre via le formulaire de candidature. Ton court-métrage sera mis en ligne sur le site du festival et le public pourra alors le visionner et voter (ou non) pour lui. Puis une pré-sélection de 50 court-métrages sera faite et le jury délibérera, puis annoncera quelles oeuvres ont-ils décidé de récompenser.

Cette année, la présidente du jury c’est Emmanuelle Bercot, une réalisatrice, actrice et scénariste de talent. Le jury compte aussi Pierre Niney, un de mes plus gros celebrity crush. Emmanuelle Bercot souligne la visibilité que peut apporter le festival Nikon et le fait qu’il soit ouvert au plus grand nombre:

« Aujourd’hui le fait que chacun puisse faire un film, s’exprimer, et le diffuser [le film] de façon aussi large et aussi simple, je trouve ça merveilleux. […] Chacun peut tenter sa chance et se faire remarquer. »

Si je prends la peine de te parler du festival Nikon, sparkly baby, c’est parce qu’il y a un des courts-métrages en lice qui a particulièrement capté mon attention. En effet, « Je suis à vous », une oeuvre réalisé par Matthieu Ponchel et Prïncia Car du collectif Studio Lambda, aborde la thématique du cadeau d’une façon bien singulière… Je te laisse juger par toi-même:

Une femme portant perruque blonde et maquillage de scène répète son texte. C’est Antigone. On la presse, allez Pauline, c’est à toi. Il est l’heure de monter sur scène.

Mais ce n’est pas sur les planches d’un théâtre qu’on attend de Pauline qu’elle démontre ses talents, qu’elle mette son masque de comédienne.

Strip-teaseuse avec un ensemble doré et une perruque blonde prend la pose

Pauline se déplace comme une reine. Chacun de ses gestes, parfaitement calculé, tient son public en haleine. Sans briser sa chorégraphie, elle repousse les mains baladeuses. Ses expressions faciales restent neutres. Elle est le clou de la soirée, le cadeau collectif d’une bande de copains à celui qui fête son anniversaire. Tous sont subjugués, sous son emprise. Mais quand elle dégrafe son soutien-gorge, le regard de Pauline est vide. 

Comédienne avec le regard vide

En 140 secondes, Matthieu Ponchel et Prïncia Car nous ont permis d’entrevoir un peu du monde des strip-teaseuses. Quand on achète les services d’une strip-teaseuse on n’achète qu’un corps, pas les états d’âme qui vont avec. Or derrière les paillettes de son maquillage et les dorures de son costume, il y a une jeune femme, une personne avec des émotions. L’identité de Pauline, ses envies et ses aspirations, tout ça ne compte pas pour les hommes qui l’achètent.

Fin 2017 et les travailleuses du sexe sont encore un tabou en France. Bien sûr, on parle de ces « putes qui font le trottoir ». On dit que ce sont surtout des immigrées, des filles de l’Est ou des asiatiques. On évite le vrai problème, qui est là, chaque jour devant nos yeux: le travail du sexe, ce n’est pas que ces femmes du bois de Boulogne. C’est aussi celles qui se dénudent devant leur webcam, qui font profiter des sugar daddies de la girlfriend experience, qui postent des annonces sur des sites d’escorting, qui excitent des hommes par téléphones. Ces femmes c’est cette prostituée chinoise oui, mais aussi cette étudiante en médecine ou cette mère célibataire. Ou Pauline.

La femme-objet est partout, et elle a plusieurs visages. La femme-objet, ça peut être ta mère, ta sœur, ta copine, ta collègue de bureau. A travers « Je suis à vous », Matthieu Ponchel et Prïncia Car nous permettent d’aller au-delà de cette vision étriquée de la strip-teaseuse anonyme et de mettre en lumière la réalité de la femme-objet moderne.

Pour aller plus loin:

Et toi, que penses-tu du thème de cette année du festival Nikon ? Et de la vidéo du studio Lambda ?

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Etudiante en coréen et communication le jour, serial collectionneuse d'enlumineurs la nuit.... Skincare et makeup nerd, féministe et grande lectrice. Meuf sympa.

3 thoughts on “« Je suis à vous »: la femme-objet selon le Studio Lambda”

  1. J’ai découvert le Nikon Film Festival l’année dernière et depuis c’est mon petit rendez-vous.
    Parmi mes préférés cette année il y a : je suis une blessure, je suis de l’amour en boite, je suis cocu, je suis 5h moins 20 à la piscine, je suis inoubliable (je m’attendais pas à cette fin), … J’ai aussi beaucoup aimé je suis à vous !
    C’est chouette de voir quelqu’un en parler, je vais probablement en parler dans mes favoris de janvier hehe !
    Des bisous

    1. Pour ma part gros coup de coeur pour Je suis 10 euros et Je suis mes 8 ans (hormis Je suis à vous, of course).
      Oui, c’est dommage que peu de blogueurs parlent de ce festival, alors qu’il y a de vraies perles audiovisuelles..
      Bisous sparkly baby et merci pour ton commentaire!

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